La sortie

*texte traduit par Florent Faucher

En mugissant je me lève. Peu importe ce que je demande à Zeus; de nouveau le soleil apparaît. Les ombres bleues sont toujours pareilles, elles baignent les couloirs avec le même angle chaque fois que je cligne des yeux en quittant mon rêve. L’horizon part de nouveau. J’ai le dos froid, et à me mettre debout ma colonne vertébrale faillit s’effondrer. Ma tête est lourde comme toujours et je chancelle en marchant. De droite à gauche, les murs du couloir me donnent la nausée et ma courte vue atteint seulement le mur qui délimite le couloir suivant, ou le précédent. J’avance un peu plus et tourne à droite, puis à gauche deux fois, trois fois de plus à droite, une en diagonale, je suis tout droit sans prêter attention aux couloirs qui s’ouvrent sur les côtés, jusqu’au moment où j’arrive à la croisée de sept couloirs , je prends le troisième en commençant de la gauche, j’avance encore et finalement j’arrive à la fontaine. Je regarde l’eau qui jaillit et que le soleil teint de lumière avant qu’elle ne retombe. J’aime son odeur. Je pose la paume de mes mains sur la pierre mouillée et baisse la tête. Je lèche la flaque avec la langue en buvant jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Je lance un grondement, mon museau tremble, j’entends l’écho ramifié avec peine entre les couloirs infinis. Puis le silence encore et l’eau qui teinte. Je retourne marcher. Mon énorme tête va de l’avant, la courbe de mon dos craque. Je meugle et avec le doigt je me sèche une larme. Je cours un peu, j’ai faim, j’ai envie de rencontrer ma proie bientôt, que le temps passe, que le jour s’arrête, demander à Zeus qu’aujourd’hui soit le dernier, rêver de nouveau à l’horizon et ne jamais le rattraper.

Quelque chose touche mon tibia, me déséquilibre et fait tomber ma tête à la renverse contre le sol. J’ai des égratignures au bras et il y a du sang sur mon museau, je peux le sentir frais. Je me redresse avec douleur et je vois la marque que ma corne a laissée sur le sol. Je lance un brame et les murs résonnent. Après m’être re-léché je vois le fil. Il s’est mis en travers de mon chemin. Je vais le suivre. Je me demande vers quelle extrémité je veux aller; je choisis au hasard, il ne me vient pas d’autre idée. Quelqu’un l’a posé, qu’est-ce qu’il y aura de l’autre côté ? Je rencontrerai quelque chose car ce fil tendu n’avait jamais été ici avant. Je tourne en le suivant vers la droite et la gauche répétitivement, puis tout droit une autre fois et encore et encore plus de tours.

Au fond du couloir le jeune m’attend en serrant son épée avec les deux mains. Je vois ma sortie dans son regard.

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